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Rénovations: à bas le gaspillage

Publié le : 27/02/2017

Rénover sa maison pour qu'elle consomme le moins d'énergie possible n'est pas toujours évident. Devrait-on changer les fenêtres ou mieux isoler le toit? Or, certains travaux valent davantage la peine (et l'investissement) que d'autres. Tour d'horizon des bons coups.

Écorénos tout confort

L'an dernier, Pascal Rajotte avait deux critères en tête lorsqu'il a voulu acheter une maison avec sa conjointe, Sabrina Vincent. L'habitation devait se trouver sur la Rive-Sud et être relativement récente, pour ne pas exiger trop de travaux. Un bungalow construit en 2004, à Verchères, a retenu l'attention du couple. En prime, l'inspection a révélé que le bâtiment était bien isolé.

«Cela m'a rassuré», indique M. Rajotte, qui a emménagé en juin dernier et a entrepris des démarches sans tarder pour participer au programme Rénoclimat.

Les projets sont nombreux. Il a préféré, dans un premier temps, s'atteler à améliorer l'efficacité énergétique de la maison. «Cela va rapporter plus de faire les travaux à l'intérieur en premier, explique-t-il. Mieux vaut profiter dès que possible des économies qui seront générées.»

Les rénovations devant être faites pour rendre les maisons moins énergivores varient d'une habitation à l'autre, souligne Benjamin Zizi, conseiller technique chez Écohabitation, qui a accompagné les nouveaux propriétaires dans leur démarche.

«C'est du cas par cas. Mais en général, changer les fenêtres vient en dernier. De petits travaux très simples, qui ne coûtent pas cher, peuvent faire une différence, comme l'installation d'aérateurs sur les robinets et les pommes de douche, pour en réduire le débit.»

Selon lui, les autres rénos les plus rentables dans presque tous les cas sont: l'installation d'un récupérateur de la chaleur des eaux grises (comme celles de la douche et du lave-vaisselle), l'isolation des solives de rive (juste en haut des fondations), l'isolation des combles non aménagés, l'amélioration de l'étanchéité à l'air du bâtiment et l'installation d'une thermopompe air-air bibloc pour climat froid (dans le cas d'un chauffage par plinthes électriques).

Les résultats sont probants. À l'achat de sa maison, Pascal Rajotte calculait devoir payer annuellement une facture d'électricité d'environ 1600 $. Après avoir effectué les travaux recommandés, il s'attend dorénavant à payer moins de 1200 $.

Précisons que Pascal et Sabrina ont participé au programme de Financement innovateur pour des municipalités efficaces (FIME), offert pour l'instant aux citoyens de Verchères, Varennes et Plessisville dans le cadre d'un projet-pilote.

Ils ont ainsi contracté un emprunt à faible taux d'intérêt auprès de leur municipalité, qu'ils rembourseront à même la taxe foncière au cours des 18 prochaines années. Le prêt est attaché à la propriété. Il continuera donc d'être payé par les prochains propriétaires en cas de vente de l'habitation. Autre avantage: le couple a profité de l'expertise d'un conseiller de l'organisme Écohabitation, qui a vu à ce que les économies d'énergie réalisées couvrent une bonne partie du prêt à rembourser.

Le prêt s'élevant à 8137,23 $, le remboursement annuel sera de 484,94 $ (une somme en grande partie couverte par les économies annuelles de 400 $ sur le compte d'électricité). La facture globale des travaux de 11 154,09 $ avait en outre été réduite avec une aide financière et un crédit d'impôt totalisant 3016,86 $, obtenus grâce aux programmes Rénoclimat et Rénovert. À noter: ces deux programmes sont en vigueur jusqu'au 31 mars. Hydro-Québec propose à bon prix par ailleurs, jusqu'au 28 février, des produits pour réduire le débit d'eau afin d'économiser de l'eau et de l'énergie.

À plus grande échelle

L'Association québécoise pour la maîtrise de l'énergie (AQME), qui a mis sur pied et pilote le programme de financement FIME dont ont profité Pascal et Sabrina, organise la Rencontre internationale des municipalités efficaces, qui aura lieu les 21 et 22 mars au Palais des congrès de Montréal, pour mieux faire connaître le programme FIME, ainsi que d'autres pratiques avant-gardistes adoptées par des villes au Québec et ailleurs dans le monde.

«On veut lancer le programme FIME à plus grande échelle, pour qu'il soit adopté par un plus grand nombre de municipalités, indique Mathieu Gillet, vice-président, développement, de l'AQME. On veut transformer le marché et développer un souci pour l'efficacité énergétique. Le programme facilite l'accès à du financement. Sa colonne vertébrale, c'est l'accompagnement fourni, car les gens manquent souvent d'information. Cela réconforte beaucoup.»

En mettant fin au gaspillage d'énergie, en augmentant le confort dans la maison et en stimulant l'industrie de la rénovation, le programme agit sur plus d'un aspect, à la fois environnemental, économique et personnel, fait remarquer Valérie Sanderson, directrice de projet, pour le programme FIME.

Tous y gagnent.

 

Article de :

Danielle Bonneau, journaliste, La Presse, 23 février 2017